Vu les demandes fréquentes exprimées sur le Forum, voici quelques éléments et conseils afin de recenser quelques points importants à regarder et à vérifier lors de l’achat d’une Golf 1 cabriolet.
Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et pourra être complétée au fur et à mesure de vos remontées.

Carte Grise :

La carte grise est le document référence en terme de titre de propriété.
Un document au nom de l’ancien propriétaire (et donc pas au nom du vendeur) doit être considéré comme rédhibitoire.

C’est aussi le document qui reprend les numéros de série du cab commençant par W.V.W.Z.Z.Z
On les retrouve aussi sous la baie de pare-brise (replis de tôle sur lequel s’accroche le pare pluie), sur la plaque rivetée sur la face avant, et sur une étiquette autocollante dans le coffre.

lire l’article sur l’identification expliquant comment identifier son cabriolet et vérifier la concordance des numéros de série ainsi que les différents emplacements.

Bien évidemment ils doivent être identiques.

En matière d’identification de modèle ou de série, la carte grise n’est pas toujours pertinente.
En effet, certaines motorisations et/ou versions n’ont jamais été commercialisées en France.
Les services de la Préfecture ont donc tendance à cocher la première case qui tombe sous la main.
De ce fait, on a donc des Sportline qui n’en sont pas ou des moteurs DX à lieu place de 2H.

L’étiquette du coffre :

Présente sur la traverse au fond du coffre, exemple ici elle reprend, outre les numéros de série du cab, toutes les caractéristiques de votre monture qu’elles soient de série (type boite ou sellerie par exemple) ou spécifiques à ce modèle (DA, vitres électriques, sièges sport). C’est aussi là que figurent le code couleur de la peinture d’origine et la motorisation.

Il est donc important de vérifier que le moteur du cab photos ici soit bien du type qui figure sur l’étiquette coffre.
Si ce n’est pas le cas, on est donc en présence d’un Swap et donc, tout ce que ça peut impliquer en matière de sécurité dans le montage, voire d’assurance si le moteur est différent et plus puissant.
Pour donner un exemple, un moteur EX (pour info, carbu 90 cv) sur carte grise et étiquette coffre ne peut pas se transformer en un DX (injection 112 cv) sous le capot moteur.

Voir les moteurs d’origine en photo.

Idem avec le code couleur….
Si l’étiquette coffre mentionne LP3G (rouge flash) le cab ne peut pas être bleu et d’origine.
Voir les codes couleurs d’origine.

Vu son importance, il est donc nécessaire dans les phases d’approche avec un vendeur de se procurer une photo de cette étiquette pour que l’on puisse un peu mieux décrypter la version convoitée.

Le kilométrage :

Lorsqu’on achète une voiture de 20 ou 30 ans, on ne peut pas considérer le kilométrage de la même manière qu’avec une Golf 6 ou 7. Logiquement, ce sont des voitures qui seront souvent relativement kilométrées.
10000 km/an en 25 ans = 250000 km, 5000 km/an en 25 ans = 125000 km
Fort heureusement, les cabs ont tendance à avoir des kilométrages en moyenne plus faibles que les véhicules à toit en dur.
Les véhicules couramment présentés en annonce oscillent entre 150 et 200000 km.
Bien évidemment, on pourra trouver quelques modèles sous les 100000 km.
Ceux-ci devront être dans un état justifiant ce kilométrage (sellerie notamment).
Attention donc aux véhicules qui afficheraient 80000 km dont aucune facture d’entretien et/ou contrôle technique ne viendraient justifier ce kilométrage.
On peut cependant rajouter que les moteurs équipant nos cabs sont largement éprouvés. De plus, nos cabs étant dépourvus d’électronique, les problèmes liés à ces équipements nous sont largement épargnés.

L’entretien :

Plus que le kilométrage, c’est l’entretien qui va conditionner la tranquillité et le plaisir à venir au volant de votre monture.
Une durite de 20 ans (kilométrage ou pas) finit par s’user.
Il est donc important de savoir les pièces qui ont été changées et d’en avoir la justification.
Pour ne citer qu’elle, assurez-vous que la courroie de distribution a été changée il y a moins de 5 ans quel que soit le kilométrage. A défaut, une rupture et c’est le changement de moteur assuré.

Le contrôle technique :

Bien que tout le monde connaisse les limites de l’exercice, un contrôle technique à jour et valable est toujours préférable à « sera fait pour la vente » ou encore « n’a pas roulé depuis le dernier dont je ne retrouve pas la copie »
En règle générale, les principaux risques en matière de sécurité (freinage, état châssis, corrosion, éclairage) sont notés. Paradoxalement, le type moteur n’est pas vérifié.
Acheter un cab de 25 ans sans CT, vous prive quasi systématiquement de recours contre le vendeur qui est en règle générale un particulier.

La carrosserie :

Si les pièces de carrosserie se trouvent encore facilement, de nombreuses réparations deviennent couteuses si l’on rajoute le “débosselage” et la reprise en peinture.
On parle souvent de refaire une complète pour redonner un coup de neuf au cab.
Il faut savoir qu’un travail bien fait nécessite beaucoup de temps de démontage, masquage et remontage.
Sauf exception, il est illusoire de penser obtenir un travail de qualité pour moins de 1500 €.

Essai routier :

Bien évidemment, on ne peut acheter une voiture quelle qu’elle soit sans l’avoir vu moteur tournant, être monté à bord voire l’avoir conduite.
Ainsi vous pourrez apprécier son confort et sa tenue de route voire entendre des bruits qui pourraient vous paraître suspects et que vous n’auriez pu détecter à l’arrêt.
Gardez cependant à l’esprit que vous montez dans un véhicule de 25 ou 30 ans.
L’isolation phonique, le confort, la rigidité de caisse ne peuvent donc raisonnablement être les mêmes que dans une voiture de 2013.

Les points spécifiques au cab :

La consommation :

Un cab est un véhicule de conception relativement ancienne (premier prototype en 1976) mais d’un poids relativement contenu : – de 1000 kg.
Les consommations restent donc mesurées et s’échelonnent entre 7 et 9 litres en conduite modérée, et environ un litre de plus en ville ou en appuyant plus fort.
Bien évidemment, de bons réglages permettent de substantielles économies sur ce point.

La puissance :

Différents moteurs de puissance variable équipent les cabs.
Les plus communes demeurent les versions 75 cv, 90 cv (carbu) et 112 cv (injection).
Il existe quelques variantes de cette dernière qui sont catalysées et font 95 ou 98 cv.
Bien que le rapport poids/puissance soit plutôt favorable, on ne peut (ne doit ?) acheter un cab comme un véhicule sportif.
En effet, la rigidité de la caisse liée au fait qu’il soit cabriolet ne permet pas les mêmes performances qu’une Golf GTI Berline équivalente.
Un cab est donc davantage une voiture plaisir pour balader cheveux au vent qu’une voiture de circuit ou de rallye.

La capote :

Les cabs (ça ne vous aura pas échappé) sont équipés d’une capote. Cela signifie qu’en présence d’un tissus plus ou moins plastifié en guise de toit, des infiltrations sont possibles voire fréquentes.
Si vous envisagez de stocker votre cab à l’extérieur, c’est un paramètre à intégrer sous peine de devoir intervenir aussi rapidement sur la sellerie, les moquettes voire toute l’électricité si la fuite est proche du tableau de bord.
Une capote abimée (enveloppe supérieure) représente un cout d’au moins 1000 € si le changement est effectué par un pro.

De même, il conviendra de s’assurer de l’ouverture et de la fermeture de la capote. Une armature voilée nécessitera dans de nombreux cas la dépose complète de la capote, la matelassure et du ciel de toit.

Certains modèles de cab sont équipés d’une capote hydroélectrique.
Assurez-vous qu’elle fonctionne correctement (fuite d’huile possible au niveau des vérins dans le coffre).
A défaut, la capote demeure tout de même fonctionnelle en manuel.

La rouille :

En 30 ou 35 ans, les techniques de protection des carrosseries contre la rouille ont bien évolué.
Nos cabs sont donc sur ce point d’avantage vulnérables.
Sans prétendre en faire une liste exhaustive, on retrouve cependant fréquemment des traces de rouille :

  • sous la baie de pare-brise avant
  • au bas des ailes, des portières et des bas de caisse
  • dans le bac logeant la roue de secours au fond du coffre
  • sous le support de la batterie
  • sous le kit dit « Karmann » (bas de caisse et élargisseurs d’aile)
  • sur le bas du couvercle de coffre
  • autour du cadre de lunette arrière

L’amortissement :

Un point complémentaire sur l’amortissement.
De nombreux cabs sont rabaissés avec des amortisseurs dits « filetés ». Il faut savoir qu’il en existe à tous les prix et que, malheureusement, les moins chers sont les plus présents. Cela induit en règle générale un confort de conduite dégradé ainsi que des tensions plus importantes sur la caisse.
Revenir à l’amortissement d’origine ou à des filetés réglables en dureté de qualité a un cout proche de 5 à 600 €.
Il en est de même pour les jantes dites « larges » ou à entraxe différent de 4×100 qui nécessitent d’avoir recours à des cales et donc de solliciter plus fortement les roulements de roue.

L’intérieur :

La sellerie a tendance à souffrir avec le temps. C’est notamment le cas du bourrelet gauche et de l’assise du siège conducteur.
Cela signifie que pour rénover cette partie, il faudra avoir recours à un sellier ou trouver un autre siège au tissu comparable et faire un mix.
Si certains tissus sont encore en vente sur des sites spécialisés pièces détachées (VW Classic parts notamment), d’autres sont quasi introuvables sauf à les faire re-fabriquer.
Des housses spécifiques et sur mesure existent (K Maniac sur E-Bay par exemple) et permettent de cacher parfois ces affres du temps sans avoir recours à la chirurgie du sellier.
Il est donc important de s’assurer de ce que l’on souhaite faire et ne pas hésiter lors de l’essai à s’asseoir et à manipuler les dossiers de siège et de banquette.

Conclusion :

Ne vous précipitez pas sur le premier cab venu. Voyez-en plusieurs. Prenez le temps de la réflexion.
Évitez les trop longs trajets pour aller en voir un, ce qui pourrait vous faire perdre un peu de lucidité au moment de regarder le cab sous toutes ses coutures. L’envie d’en posséder un est souvent plus forte que la raison qui devrait nous guider. N’hésitez pas à partager avec les membres du forum les annonces qui vous ont tapé dans l’œil, leurs yeux avisés vous donneront souvent de précieuses indications et/ou piste de réflexion. Pensez également à télécharger notre Checklist des points à vérifier pour faire un état es lieux complet du véhicule lors de votre visite chez le vendeur.

Enfin comme dit régulièrement un membre éminent du Forum :
« Il vaut mieux rater une bonne affaire qu’en réussir une mauvaise »
J’espère que ces quelques notes vous seront utiles et que nous vous compterons bientôt parmi nos nouveaux confrères roulant cheveux au vent.

D’autres ressources du site peuvent vous aider:

L’article sur les codes option

Le Bilan Fiabilité

La Checklist des points à vérifier

Article rédigé par Cathar Eleven